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Comment les changements climatiques peuvent redessiner le dialogue social ?

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Les changements climatiques et ses effets sur le dialogue social en entreprise

Les conséquences du changement climatique ne concernent plus uniquement les politiques environnementales des entreprises. Elles modifient déjà les conditions de travail, les déplacements des salariés, les politiques d’achats et même les formes d’engagement citoyen. Autant de sujets qui s’invitent progressivement dans le dialogue social et que les élus devront intégrer dans leur nouveau mandat.

 

Conditions de travail : quand la chaleur devient un sujet de négociation

Les épisodes de chaleur extrême s’installent durablement dans le paysage français et modifient profondément l’organisation du travail. Les métiers exercés en extérieur sont naturellement les premiers concernés : bâtiment, travaux publics, agriculture, espaces verts, collecte des déchets, transport ou logistique. Mais les activités exercées en intérieur ne sont pas épargnées lorsque les locaux ne sont pas adaptés ou que les températures deviennent difficiles à supporter.

Au-delà de l’inconfort, les fortes chaleurs augmentent les risques de déshydratation, de malaise, de perte de vigilance et, par conséquent, d’accidents du travail. Le phénomène est désormais considéré comme un véritable risque professionnel.

Le quatrième Plan Santé au Travail et le Plan national d’adaptation au changement climatique invitent d’ailleurs les entreprises à intégrer pleinement ce risque dans leur politique de prévention.

L’État souhaite ainsi renforcer les obligations des employeurs. Plusieurs pistes sont aujourd’hui privilégiées : une meilleure prise en compte du risque chaleur dans le document unique d’évaluation des risques (DUERP), l’adaptation des locaux et des équipements, l’amélioration des équipements de protection individuelle, mais aussi une nouvelle organisation du travail lors des épisodes caniculaires. Parmi les mesures évoquées figurent le décalage des horaires vers les périodes les moins chaudes, l’allongement des pauses, l’adaptation de la charge de travail ou encore l’arrêt temporaire de certaines activités lorsque la sécurité des salariés ne peut plus être garantie.

Ces évolutions ouvrent de nouvelles perspectives pour le dialogue social. Les discussions autour des conditions de travail pourraient demain intégrer des dispositions spécifiques aux vagues de chaleur, avec des accords adaptés aux réalités de chaque secteur d’activité. Les CSE et les commissions SSCT auront un rôle essentiel à jouer pour faire remonter les situations de terrain et construire, avec les employeurs, des réponses pragmatiques. La question reste toutefois ouverte : faut-il inscrire des règles identiques pour toutes les entreprises dans le Code du travail ou laisser davantage de place à la négociation collective ?

 

Mobilité : un nouveau terrain de dialogue social

 

Forfait mobilités durables, vélo et covoiturage pour les trajets domicile-travailAutre sujet, les déplacements domicile-travail. Là encore, les attentes évoluent. Développer le covoiturage, encourager l’usage du vélo, installer des bornes de recharge électrique, promouvoir le forfait mobilités durables, améliorer l’accès aux transports collectifs ou encore faciliter le télétravail lorsque cela est possible : autant de leviers qui participent désormais aux politiques sociales des entreprises.

Pour les CSE, ces sujets dépassent largement la seule question environnementale. Ils touchent directement au pouvoir d’achat, à la qualité de vie et à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Dans les territoires ruraux, où la voiture reste souvent indispensable, les solutions ne seront d’ailleurs pas les mêmes que dans les grandes métropoles. Là encore, la recherche d’accords adaptés aux réalités locales pourrait devenir un enjeu majeur du dialogue social.

Les avantages proposés aux salariés évoluent également dans cette direction. Certaines entreprises expérimentent déjà des dispositifs qui encouragent les comportements les plus vertueux sans pour autant restreindre la liberté de choix.

 

Les achats du CSE : un levier pour soutenir l’économie locale

Derrière un coffret gourmand, un cadeau de Noël ou une dotation se cachent aussi des choix économiques qui peuvent avoir un impact sur les territoires. C’est précisément le parti pris de NosMeilleursProducteurs.fr. L’entreprise a construit son offre autour d’une centaine de producteurs et d’artisans français, sélectionnés pour la qualité de leurs produits, mais aussi pour leur savoir-faire. Son ambition ne s’arrête d’ailleurs pas à la commercialisation de coffrets gourmands. Cette année, elle est allée jusqu’à relancer une ancienne confiserie vosgienne en créant Oursons et Compagnie, afin de préserver des emplois et un savoir-faire artisanal menacés. Une illustration concrète de ce que peut représenter un achat responsable lorsqu’il dépasse la simple logique commerciale.

Pour les élus de CSE, cette approche ouvre de nouvelles perspectives. Choisir un fournisseur, c’est aussi décider quel modèle économique soutenir : privilégier des producteurs français, encourager les circuits courts lorsque cela est possible, valoriser les entreprises engagées ou encore préserver des savoir-faire locaux.

 

Avantages : récompenser plutôt qu’interdire avec EKIP

Restaurant, mobilité, vacances, culture, sport ou encore cadeaux : EKIP a développé une plateforme unique qui réunit l’ensemble des avantages salariés sur une même carte et une même application. Utilisée aussi bien par les directions des ressources humaines que par les CSE, elle permet de gérer les titres-restaurant, les avantages liés à la mobilité, mais aussi les dotations cadeaux, les activités culturelles, sportives et les offres vacances au sein d’un environnement unique. Aujourd’hui, plus de 600 entreprises font confiance à la jeune pousse, qui accompagne déjà plus de 15 000 salariés et ambitionne d’en équiper 20 000 d’ici la fin de l’année.

 

Carte EKIP récompensant les choix responsables des salariésL’originalité d’EKIP ne réside pourtant pas dans cette centralisation. Elle se trouve dans la manière dont la plateforme oriente les usages. « On ne veut pas contraindre les gens, on n’est pas radicaux », explique son cofondateur Julien Derville. Plutôt que d’interdire certains achats, EKIP récompense les salariés lorsqu’ils privilégient des solutions plus responsables. Un trajet en train réservé avec les chèques-vacances, un séjour via GreenGo, des achats Made in France, de seconde main ou issus de l’upcycling avec la carte cadeau, des livres achetés sur des plateformes de seconde main : autant d’exemples qui permettent aux salariés de bénéficier d’avantages supplémentaires sans perdre leur liberté de choix.

Cette logique d’incitation s’appuie sur un écosystème particulièrement riche : plus de 300 partenaires pour les cadeaux, 4 000 établissements de restauration, ainsi qu’un large réseau d’enseignes sélectionnées pour leurs engagements environnementaux ou sociétaux. « Le problème est systémique ; il faut que les entreprises fassent mieux, que les citoyens fassent mieux et que les pouvoirs publics fassent mieux aussi. L’idée est de créer un cercle vertueux », résume Julien Derville. Une philosophie qui pourrait inspirer de nombreux CSE au cours du prochain mandat : utiliser les avantages salariés non seulement comme un levier de pouvoir d’achat, mais aussi comme un outil d’accompagnement des transitions.

La question de l’écologie et du climat sera sans aucun doute l’un des grands chantiers du mandat 2027-2031. Elle doit nourrir un dialogue social qui ne traite plus seulement des conditions d’emploi ou du pouvoir d’achat, mais aussi de la capacité des entreprises et des CSE à s’adapter aux profondes transformations de la société.