Faut-il rappeler que les salariés français doivent leurs congés payés à Léon Blum ? Cet acquis social, s’il n’était pas au départ la priorité essentielle des syndicats, est devenu pour tous le symbole même des luttes de 1936…

1936, un contexte difficile, une action collective

En 1936, le travail relevait réellement d’un acte de sacrifice quotidien. Misère des salariés, licenciements impromptus, aggravation des conditions de travail, exploitation… La grève générale qui a bouleversé la France en 1936 a donc pu se répandre aussi vite parce qu’il y avait un contexte de lassitude générale et que le monde ouvrier avait, lui, envie de rêver encore à un avenir meilleur. Cette grève a non seulement été un événement historique important du mouvement ouvrier mais est surtout devenue au fil du temps la marque qu’une action collective peut changer la vie…. La grève de 1936 a créé la fierté du monde ouvrier. Il y a un avant et un après 1936. Cette grève, revendicative a été aussi un moment de joie, de partage, de dialogue et d’ouverture dans le contexte de la montée du fascisme qui prévalait presque partout en Europe, de l’Espagne à l’Allemagne en passant par la France. C’est donc en toute simplicité que le monde ouvrier a fait gagner sa cause… d’abord sur les conditions de travail et la relève des salaires et aussi avec l’apparition des congés payés !

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La naissance des congés payés

Les congés payés ne sont pas une invention française. Certains pays, tels que l’Allemagne, la Pologne, La Norvège ou le Brésil avaient déjà instauré cet acquis social. La France n’est pas forcément toujours en avance sur son temps quand on parle d’acquis sociaux.

En France, les congés payés furent mis en place sous l’égide du Front Populaire, le 7 Juin1936.

C’est Léon Blum qui, en lisant une rubrique du journal “L’information” auquel il collaborait qui décida d’instaurer des congés payés et de démontrer que tout le monde s’y retrouverait.

Rappelons cependant que toutes les organisations de gauche se montraient plutôt contre à l’époque ce genre de mesure… En effet, si l’on consulte le programme de la CGT ou celui du Rassemblement populaire, avant la victoire aux législatives du 4 mai 1936, les congés payés étaient absents des revendications, la priorité étant donnée aux 40 heures de travail hebdomadaires et aux augmentations de salaires. Etre payé à ne rien faire n’était pas une avancée selon les syndicats qui préféraient alors voir le travail davantage valorisé et mieux rémunéré… Les congés payés ressemblaient donc trop à une utopie ou à un rêve de société de patrons ‘paternalistes’ qui souhaitait rendre les salariés plus efficaces en leur proposant des vacances !

Une durée de congés payés allongée au fil du temps …

En 1936, les salariés ont obtenu le droit à 15 jours de congés payés. Très vite, c’est la cohue en direction des bords de mer. Le gouvernement crée alors un sous-secrétariat d’Etat aux loisirs, confié au député Léo Lagrange. Le progrès social est ici foudroyant : en peu de jours, une réforme longtemps considérée utopique se trouve mise en avant tel un droit naturel, puis adoptée à l’unanimité par le Parlement. Le mythe des congés payés est né… Jamais une loi ne fut plus rapidement appliquée, car dans les semaines qui suivirent, ce sont 600 000 ouvriers qui partent en vacances, bénéficiant d’un billet de congé populaire annuel à 40 % de réduction.

Le patronat décide alors de s’organiser sous le nom de la Confédération générale du patronat français, ancêtre du CNPF et du Medef. En 1956, c’est grâce à Guy Mollet que les salariés ont pu bénéficier d’une troisième semaine de congés payés, suite à une action des ‘métallos’ de chez Renault. Ainsi, la victoire des métallos de Renault en septembre 1955 devient celle de tous les salariés. La loi du 27 mars 1956 fixe alors à 1,5 jour ouvrable par mois de travail la durée des congés payés.

La loi du 16 mai 1969 étend à tous les salariés les quatre semaines de congés payés obtenues en décembre 1962 par les métallos de Renault et que 85 % des salariés du privé avaient arrachées au cours de mai 68. Autre évolution pour les familles : lorsque deux conjoints travaillent dans la même entreprise, ils peuvent prendre leurs congés en même temps.

L’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981 sera rapidement suivie de nouvelles avancées sociales. Ainsi, la durée légale du travail passe à 39 heures par semaine, sans perte de salaire, la cinquième semaine de congés payés est entérinée et l’âge de la retraite est abaissé à 60 ans.

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Des durées de congés payés très variables d’un pays à l’autre

Au niveau mondial, un nombre croissant de personnes bénéficie de congés payés puisque, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), on comptait 3,5 milliards de bénéficiaires à la fin des années 1980 et 4 milliards à la fin du deuxième millénaire.

Selon leur histoire, les pays du monde entier n’ont pas le même nombre de congés payés. C’est l’Allemagne qui bénéficie du plus de jours de congés payés avec 30 jours ! Aux USA, c’est l’entreprise qui décide d’allouer ou non des congés payés à ses salariés ; ainsi, si la moyenne des américains bénéficie de 2 semaines de congés payés (soit 10 jours ouvrables), il n’en reste pas moins qu’un américain sur quatre n’y a pas encore droit…

 

Tableau récapitulatif des congés payés par pays*

Classement Pays Jours de vacances Jours fériés Nombre total de jours de repos
1 Autriche 25 13 38
2 Malte 24 14 38
3 Bolivie 25 12 37
4 Grèce 25 12 37
5 Royaume-Uni 28 8 36
6 France 25 11 36
7 Suède 25 11 36
8 Venezuela 24 12 36
9 Espagne 22 14 36
10 Finlande 25 10 35
11 Luxembourg 25 10 35
12 Portugal 22 13 35
13 Chypre 20 15 35
14 Japon 20 15 35
15 Danemark 25 9 34
16 Pérou 22 12 34
17 Pologne 20 13 33
18 Hongrie 23 10 33
19 Brésil 22 11 33
20 Croatie 20 13 33
21 Argentine 20 12 32
22 République Tchèque 20 12 32
23 Lettonie 20 12 32
24 Emirats Arabes Unis 22 9 31
25 Norvège 21 10 31
26 Italie 20 11 31
27 Australie 20 10 30
28 Belgique 20 10 30
29 Allemagne 20 9 29
30 Irlande 20 9 29

* source : www.coindusalarie.fr

 

Quelle règle prévaut pour l’indemnisation des congés payés ?

Le code du travail français précise que le salarié prenant des congés payés doit percevoir une indemnisation au moins égale à ce qu’il aurait perçu s’il avait travaillé. C’est ce qu’on appelle la règle du maintien de salaire. Pour le calcul, deux possibilités : le maintien du salaire ou la règle du dixième, mais l’employeur doit retenir la solution la plus favorable pour le salarié. La même méthode doit être retenue pour l’ensemble des congés relatifs à une période ; savoir quelle est la plus avantageuse n’est généralement possible qu’au moment du solde des congés. La méthode du dixième est en principe plus avantageuse pour le salarié sauf en cas d’augmentation significative.

Sur le bulletin de salaire, l’absence pour congés payés est déduite du salaire et l’indemnité est ajoutée. Si la règle du maintien est appliquée, l’employeur n’est pas obligé de faire apparaître l’absence et l’indemnité. En revanche, quel que soit le calcul, la feuille de paie doit faire apparaître le nombre de jours de congés payés pris par le salarié et le nombre de jours qu’il lui reste à prendre.

Si un salarié quitte l’entreprise avant d’avoir pris tous ses congés payés, ceux-ci lui sont versés sous forme d’une indemnité appelée indemnité compensatrice pour congés non pris.

 

La naissance du tourisme de ‘masse’

La généralisation des congés payés, en France comme dans la plupart des pays industrialisés a très fortement contribué au développement de ce que l’on nomme le tourisme de masse. Ce tourisme, qui a pour but d’apporter un nouveau bien-être aux salariés leur permet de s’aérer, à la mer, à la montagne ou à la campagne ; de pratiquer des activités de loisir, comme le sport et d’améliorer leur connaissance du patrimoine architectural et culturel. Un pan entier d’une nouvelle économie est liée, notamment culturel, avec la création de festivals, partout en France.

L’existence des congés payés a également entraîné progressivement l’adoption d’une série de mesures sociales visant à favoriser le départ en vacances avec la généralisation des réductions annuelles sur les voyages en train, la création des colonies de vacances par les entreprises et les collectivités territoriales…

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