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Économie : le temps des restructurations se poursuit…

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Économie : le temps des restructurations se poursuit…

Croissance en panne, chômage qui repart à la hausse, plans sociaux qui se multiplient… Le premier semestre 2026 confirme le ralentissement de l’économie française. Pour les élus de CSE, l’heure est plus que jamais à la vigilance face à des restructurations qui touchent désormais tous les secteurs.

 

Une croissance qui cale

Après plusieurs années de résistance, l’économie française est entrée dans une phase de net ralentissement. Au premier trimestre 2026, le PIB a reculé de 0,1 % et l’Insee ne prévoit plus qu’une croissance de 0,7 % sur l’ensemble de l’année. Les entreprises restent confrontées à une demande hésitante, des coûts de financement élevés et un contexte international toujours instable. Les investissements ralentissent, les recrutements aussi…

Le marché du travail commence à en ressentir les effets. Le taux de chômage est remonté à 8,1 % au premier trimestre, soit près de 2,6 millions de personnes. Les jeunes restent les plus exposés avec un chômage qui atteint 21,1 %, tandis que les plus de 50 ans, moins nombreux au chômage (5,2 %), peinent davantage à retrouver un emploi lorsqu’ils le perdent.

 

Les plans sociaux changent d’échelle

 

Les CSE mobilisés dans le dialogue social face aux restructurationsCette dégradation se traduit par une multiplication des restructurations. L’observatoire des licenciements tenu par la CGT recense plusieurs dizaines d’annonces depuis le début de l’année, dans des secteurs aussi variés que la presse, l’industrie, la chimie, les transports ou encore les services. Dernier exemple en date : le groupe de presse EBRA, propriétaire notamment du Républicain Lorrain, de L’Est Républicain, de Vosges Matin, des Dernières Nouvelles d’Alsace et de L’Alsace, a annoncé le 22 juin un projet de suppression de 400 postes sur 3 200 salariés. L’objectif affiché est d’adapter le groupe à la baisse continue des ventes papier et d’accélérer sa transition numérique.

 

La chimie particulièrement touchée

L’industrie chimique concentre à elle seule plusieurs plans de sauvegarde de l’emploi. Parmi les dossiers les plus récents figurent Viatris Santé SAS, avec un PSE portant sur 117 salariés dans les Hauts-de-Seine (clôture prévue en décembre 2026), Organon France SAS (54 postes, Paris, juillet 2026), Janssen (38 emplois, Eure, juin 2026) ou encore Intervet SAS, qui prévoit 19 suppressions de postes dans le Maine-et-Loire (juin 2026). À ces dossiers s’ajoutent plusieurs restructurations industrielles d’ampleur. Fibre Excellence a annoncé des menaces de fermeture de ses deux usines de pâte à papier de Saint-Gaudens et Tarascon, représentant près de 700 emplois directs. Les Papeteries de Condat (Dordogne) conduisent un PSE portant sur 175 emplois, tandis que Microsoft a confirmé la fermeture de son Microsoft Engineering Center d’Issy-les-Moulineaux, avec la suppression d’une centaine de postes.

 

Tous les secteurs concernés

La vague de restructurations concerne aussi le verre, Verallia prévoit la suppression de 60 postes sur son site de Châteaubernard (Charente). Dans le transport, le placement en redressement judiciaire des Transports Ziegler fait peser une menace sur 1 370 emplois répartis dans une cinquantaine d’agences. Même le secteur public n’est pas épargné : Solutions & Co, l’agence de développement économique de la Région Pays de la Loire, doit fermer ses portes, entraînant 60 licenciements à Nantes.

 

Une rentrée sous haute surveillance

Pour les représentants du personnel, la rentrée s’annonce particulièrement chargée. Les consultations économiques, les expertises, l’accompagnement des salariés et la prévention des risques psychosociaux devraient rester au cœur des préoccupations des CSE. Dans un contexte où la croissance demeure faible et où les entreprises poursuivent leurs réorganisations, le dialogue social sera plus que jamais un levier essentiel pour anticiper les transformations et défendre les intérêts des salariés.