Oui, le bien-être se mesure et des chercheurs travaillent sur ce sujet au sein de l’Observatoire du bien-être, inclut dans le CEPREMAP* (Centre pour la recherche économique et ses applications). Claudia Sénik, Directrice de l’Observatoire du bien-être et ses équipes livrent leurs constats.

 

Chaque année, l’Observatoire du bien-être émet un rapport complet. Lors de la sortie de l’édition 2020, Claudia Sénik a pu expliquer dans plusieurs médias qu’un important changement avait eu lieu avec la crise sanitaire. En effet, alors que le bien-être des français était largement dépendant de leur situation économique auparavant, la crise sanitaire est venue perturber cette réalité et les relations sociales sont devenues prépondérantes. « La satisfaction des français sur leur vie a plongé avec la perte d’interactions sociales » a-t-elle pu expliquer.

Aussi, alors que les français étaient jusqu’alors plus heureux à la campagne puis dans les grandes agglomérations, les villes moyennes semblent trouver un regain d’intérêt alors que ces territoires étaient ceux dans lesquels les français étaient le moins heureux.

Quoi qu’il en soit, depuis les années 70, le bien-être des français semble relatif car contrairement à d’autres pays qui dépassent largement la note de 8/10, la France reste en dessous de 7,5 avec des notes avoisinant les 7,2 ou 7,3. Le bonheur a décroché dans les années 70, au moment des chocs pétroliers. Depuis, le modèle français bat de l’aile. Pour Claudia Senik, si la candidature d’Emmanuel Macron en 2017 avait apporté des perspectives et rendu de l’optimisme aux français, tout cela semble s’être évanoui avec les gilets jaunes et la crise sanitaire. « Il faut recréer un destin commun »conclut-elle.

 

Les éléments de l’Observatoire du bien-être – CEPREMAP de septembre 2021

Après 18 mois de hauts et de bas au gré de l’épidémie de Covid-19, les indicateurs du bien-être subjectif en France semblent se stabiliser à un niveau comparable à celui d’avant l’épidémie. Certains, comme le sentiment d’être heureux ou la satisfaction à l’égard du niveau de vie, restent même à des niveaux plus élevés. Ces évolutions recouvrent toutefois des dynamiques contrastées. Alors que la satisfaction à l’égard du temps libre est meilleure que ce qu’elle était avant la pandémie chez les hommes, elle reste inférieure chez les femmes. Dans le même temps, les moins de 45 ans expriment une satisfaction plus élevée que le trimestre dernier sur plusieurs dimensions-clefs, où l’évaluation faite par les 45-65 ans est plutôt en berne. L’appréciation de l’avenir collectif, à l’échelle de la France ou de l’Europe, avait été relativement peu affectée par l’épidémie. Elle continue ce trimestre une tendance longue à la dégradation.

 

Plusieurs éléments ressortent, notamment sur la vision de l’avenir

Depuis le début de notre enquête, les perspectives de la prochaine génération, en France comme en Europe, sont envisagées de manière très négative par les Français. Si la crise des Gilets jaunes avait marqué un point bas ponctuel dans les appréciations de l’avenir en France, les perspectives européennes se sont assez régulièrement dégradées. Sur le dernier trimestre, les réponses à ces deux questions se dégradent à nouveau. L’appréciation de ce que vivra la prochaine génération en France se rapproche du nadir de décembre 2018.

Chez les ménages aux revenus les plus faibles, c’est le sens de la vie qui connaît une évolution plus défavorable que dans les autres catégories de la population. On peut imaginer que la valorisation des métiers de la « première ligne » pendant les mois de la pandémie s’efface avec un retour à une forme de normalité.

 

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